Le Globe and Mail a publié un article sur les différences entre internautes occidentaux et internautes des pays émergents en ce qui concerne nos comportements sur les médias sociaux. Chiffres à l’appui, le journal canadien annonce la couleur d’entrée de jeu avec ce titre : « In the West we’re mostly social media ‘lurkers’« . Dans la culture Internet, un lurker est un voyeur. C’est un internaute qui lit et visionne des contenus (forum, réseau social, blog…) sur Internet sans participer, commenter ou contribuer.
L’article repose sur les conclusions d’une étude conduite par Forrester Research. A en croire l’enquête, seulement 1/3 des internautes américains et 1/4 des internautes européens mettent à jour leur statut de façon hebdomadaire, contre 2/3 dans les pays émergents. Les internautes chinois et indiens seraient donc beaucoup plus actifs que les internautes du Vieux Continent ou du Nouveau Monde.
Dans les pays émergents, les internautes semblent plus enclins à produire et à publier du contenu sur les réseaux sociaux. C’est qu’a affirmé 3/4 des personnes interviewées dans les métropoles chinoises et indiennes.
Pour l’auteur de l’article, deux raisons expliquent cet engagement plus fort de la part des internautes des pays émergents :
- C’est avant toute une question de démographie ! Dans ces pays, les jeunes générations représentent un contingent conséquent par rapport au nombre total d’internautes. Les jeunes sont plus enclins à s’engager sur les médias sociaux.
- Les internautes occidentaux ont eu accès à Internet plus tôt et ils ont eu le temps de développer de petites habitudes qui ont quelque peu été bouleversées par l’arrivée des médias sociaux. En revanche dans les pays émergents, l’accès à Internet s’est généralisé un peu plus tard, à un moment où les sites de réseautage social rencontraient déjà un certain succès. C’est donc naturellement que les médias sociaux se sont inscrits dans le panel d’outils de participation de ces internautes.
Voici le conseil que Gina Sverdlov, l’un des auteurs du rapport, donne aux entreprises : « N’attendez pas trop d’interaction de la part des consommateurs occidentaux. Si jusqu’ici, vous concentriez vos efforts sur les marchés américains et britanniques, le moment est venu de rajuster votre cible et votre budget en le dirigeant vers les pays où les internautes sont plus ‘sociaux’ ».
Toutes ces informations sont intéressantes. Petite précision sur le titre de ce billet : ici on parle de plus d’engagement publicitaire auprès des internautes des pays émergents qu’auprès des Occidentaux… car c’est bien de publicité qu’il s’agit. Les marques sont d’ores et déjà des as du bombardement publicitaire multicanal et quotidien ! C’est bien normal que les internautes occidentaux n’aient pas envie d’avoir une couche de publicité en plus en s’engageant dans des interactions avec les marques sur Facebook. Je ne sais pas si la publicité est aussi étouffante en Asie. Cela expliquerait peut-être pourquoi la publicité et la présence de marques sur les réseaux sociaux les dérangent moins qu’en Occident.
Cette étude nous affirme que les internautes occidentaux sont beaucoup moins enclins à l’interaction sociale sur le net que les internautes des pays émergents. Toutefois lorsqu’on voit la réaction des opérateurs SFR et Orange qui ont choisi de désactiver les interactions sur leur page Facebook suite à la conférence de presse Free Mobile, il faut croire que les entreprises et marques occidentales sont, elles aussi, peu enclines à l’engagement social avec les internautes.
En France, une chose est sûre, les internautes veulent du SAV sur les réseaux sociaux ! Je doute fort que la majeure partie des entreprises soient prêtes à s’engager dans cette voie là.







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